
Une conversation avec une ancienne élève de l'IG 22 - le premier maître de 2e classe Marcy Dumonceau
À l'approche du 10e anniversaire de la fondation des Jeux Invictus et à moins d'un an des Jeux Invictus de Vancouver Whistler 2025, True Patriot Love a demandé à d'anciens membres d'Équipe Canada de lui faire part de leurs réflexions sur l'expérience Invictus et de lui dire où ils en sont aujourd'hui.


Le premier maître de 2e classe Marcy Dumonceaux a participé aux Jeux Invictus de La Haye en 2020/22.
Quel est le souvenir le plus marquant de vos Jeux ?
J'ai deux souvenirs : tout d'abord, celui d'avoir joué au volley-ball assis, qui était probablement le plus amusant que j'ai jamais eu auparavant. Je n'ai jamais autant ri. J'étais avec des coéquipiers extraordinaires ; j'étais le maillon le plus faible, mais ils n'ont jamais abandonné malgré mon incapacité à jouer aussi bien. J'avais l'impression de faire partie d'une équipe, ce qui m'avait manqué au fil des années de service. La cohésion de l'équipe, le sentiment de sécurité et d'appartenance sont importants dans notre métier. Le deuxième souvenir est celui d'avoir réussi toutes mes épreuves de natation et d'avoir terminé dernière en finale. Ma plus grande peur était de ne pas plonger du bloc de départ et de finir dernière. Mais une fois aux Jeux, j'ai réalisé que l'endroit où l'on termine n'a pas d'importance, du moment que l'on termine.
Que signifie Invictus pour vous ?
Pour moi, Invictus change la vie. C'est un état d'esprit : savoir que l'on peut accomplir tout ce que l'on veut, quoi qu'il arrive. Invictus fournit non seulement le « comment » pour surmonter les défis mentaux ou physiques, mais aussi une communauté où l'on est authentique et où l'on bénéficie d'un soutien total sans jugement.
Quel conseil donneriez-vous à Équipe Canada 2025 ?
Mon conseil aux nouveaux membres de la famille Invictus (alias Équipe Canada) est de profiter de chaque instant : il n'y a pas d'autre moment ni d'autre endroit que les Jeux où vous pourrez vous montrer sous votre vrai jour. Encouragez votre équipe, encouragez les autres nations et, surtout, encouragez-vous vous-même. Bien que la cohésion de l'équipe soit très importante et qu'il faille partager l'expérience avec les personnes qui vous soutiennent, veillez à prendre le temps de réfléchir à vous-même. Chacun se trouve à un stade différent de son parcours de guérison, alors essayez de ne pas vous comparer à quelqu'un d'autre que vous-même. Fixez-vous des buts et des objectifs personnels, mais n'ayez pas peur de faire des ajustements si nécessaire. N'oubliez pas de ne pas être dur avec vous-même. Enfin, vivez le moment présent - des photographes professionnels et de nombreux amis et membres de la famille prendront des photos que vous partagerez avec eux. Ce sont vos Jeux, vos moments, votre parcours de guérison. Amusez-vous, n'oubliez pas qu'il y aura des rires, des peurs, des déclencheurs, de la douleur, de la joie, de l'amour, beaucoup de soutien - et préparez-vous à verser quelques larmes. Vous avez réussi !
Qu'avez-vous appris sur vous-même en vous entraînant et en participant à la compétition ?
L'entraînement pendant le COVID et l'intégration de l'équipe six mois avant les Jeux ont été difficiles. J'ai dû faire face à de nombreux éléments déclencheurs et essayer de les surmonter. Je n'étais pas une athlète avant les Jeux et j'ai été très dure avec moi-même en essayant de me préparer. Je n'ai pas pu participer aux camps d'entraînement et je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. La compétition a été un défi mental et physique, mais avec l'aide de l'équipe, des entraîneurs et du soutien médical, j'ai atteint tous mes objectifs. Je ne pense pas que j'aurais participé à mon épreuve de natation sans ce soutien. Je dois beaucoup à Équipe Canada 2020 (2022) pour mon développement personnel.
En quoi votre vie est-elle différente aujourd'hui de ce qu'elle était avant votre participation aux Invictus Games ?
Ma vie est plus active, et je comprends mieux comment adapter mes activités. J'ai une image plus positive de moi-même, sachant que j'ai affronté de nombreuses peurs mentalement et physiquement. Mes nouvelles connaissances en matière de sport adapté m'ont aidé tout au long de mon parcours. Avant les Jeux, si j'avais une douleur ou une blessure, je me contentais de la supporter. Maintenant, je trouve des moyens de rester actif même si je ne peux pas accomplir l'activité à 100 %. La déchirure de la coiffe des rotateurs après les Jeux ne m'a pas empêché de faire ce que j'aimais pour rester actif. Lorsque je faisais de l'aviron, si la douleur devenait insupportable, je pouvais ramer avec un seul bras. En natation, je mettais l'égo de côté et je nageais uniquement la brasse ou la nage libre avec un seul bras et j'ajustais ma distance. J'ai commencé à marcher et à faire des randonnées pour entretenir mon cardio. Enfin, j'ai compris que je n'avais pas besoin d'être parfaite tout le temps, et j'ai suivi mon nouveau mantra : être parfaitement imparfaite est acceptable, tant que je n'abandonne pas.
